Ouverture (  -   )

 

 

1)     Le dessin que vous voyez représente un cycliste dont le vélo s’est métamorphosé, au niveau du guidon, en une femme qui l’aguiche. Bizarrement, ce vélocipédiste arbore en guise de tête un profil en train de s’immiscer dans le museau d’un cheval. Aurions-nous affaire à un phénomène de foire? Libre à chacun d’en juger. S’il n’est cependant pas incongru de faire appel au terme de phénomène pour décrire ce qui est en passe d’affecter, chez ce cycliste, une tête humaine, c’est en raison du sens premier de ce mot.

 

2) Etymologiquement, un phénomène se définit comme ce qui se montre. Or ce qui se montre sur cette image jusqu’à produire ce qui s’apparente à un monstre, c’est bien un homme qui se glisserait, pour moitié, dans le faciès d’une bête.     Une âme serait ici représentée à la mi-temps de son trajet vers les traits d’un animal! D’où l’interrogation: pourquoi s’engager sur ce chemin? Que penser d’un effet de bascule qui, ne serait-ce que sous les espèces d’un masque à se mettre au visage, accentuerait chez un personnage, fût-il de fiction, ce qu’il en est en lui, donc en nous, de l’animal au détriment de l’anima Et que dire de l’apparition d’une femme à la place d’un guidon? Ma réponse à ces questions va sans doute vous déconcerter.

3) Il en est ainsi parce que tout, dans cette œuvre        (et dans celles qui témoignent de mutations du même genre),               tout ne se donne à voir qu’en prenant sa source dans des mots. Pour être précis, dans deux mots de quatre lettres, l’un français, l’autre anglais. Lesquels? Patience. Ce qui conditionnerait la venue à la vue de modifications aussi déroutantes, ce serait donc du langage. Comment deux mots, l’un français, l’autre anglais, peuvent-ils donner forme à ce qui se présente aux regards? A quelles conditions l’action de donner, dans l’expression même de «donner forme», peut-elle être considérée comme l’opération fondatrice du surgissement des figures singulières que nous venons de contempler? Et qu’en est-il notamment d’une telle opération lorsque, au demeurant, cette « donation de la forme » ne s’effectue qu’à partir des façons de « donner du sens » qui relèvent du langage écrit ou parlé? Bref, qu’en est-il, sur un tableau, de l’accès au visible quand le soubassement de ce dernier ne ressortit qu’au lisible ? Tels sont les problèmes que j’aborderai en prenant appui sur un cycle d’œuvres personnelles dont vous venez de visionner quelques fragments.

4) Ce cycle a débuté en 1992 à Bruxelles. Il s’est ensuite promené dans plusieurs pays sous l’appellation suivante : Le Cycle de Cheval à vélo.(1) Et il vient de s’en retourner en Belgique pour une exposition actuellement en cours. Comment suis-je entré dans la fabrique de ce Cycle? Par le plus grand des hasards. Ce fut le jour où je me suis aperçu que VELO n’était autre que l’anagramme de LOVE. Le mot VELO serait hanté, selon moi, par une sorte de fantôme, un fantôme anglais en l’occurrence puisqu’il s’agit du mot LOVE ; hanté à la façon dont l’inconscient, selon Freud, hanterait les plis du conscient. Et c’est alors que, pour employer le maître mot de nos travaux, ce mot à l’aune duquel nous sommes conviés à mesurer aujourd’hui nos propos, c’est alors que fantaisie, au sens fort du grec phantasia, oui, fantaisie m’a pris d’organiser le retour de ce revenant-là, soit du vocable qui serait en souffrance dans les voiles de VELO et qui ne serait autre que celui qui, outre-Manche, signifie l’AMOUR. De quelle manière ? En ressuscitant pour l’occasion le plus célèbre des artistes dits naïfs.  J’ai nommé Ferdinand Cheval, facteur rural de son état  ,  bâtisseur devenu fameux du Palais idéal, et modeste villageois qui vécut dans la Drôme où il mourut en 1924.

5)  Pourquoi avoir choisi ce facteur? D’abord parce que c’était un rêveur. Un rêveur définitif s’il en fut jamais, prisé comme tel par André Breton et les surréalistes. Ensuite parce qu’il s’agit d’un homme de lettres : lors de sa tournée, n’en trimballait-il pas un plein vrac dans son sac ? Enfin parce qu’il portait ce nom si plein d’allant de Cheval : je reviendrai sous peu sur les connotations induites par un tel patronyme, pour peu que l’on ramène sa lettre initiale à une minuscule. Mais disons que lubie m’a pris de remettre ce facteur en scène surtout parce que je pouvais le mettre sur une selle. Le réinstaller, même post mortem, sur une bécane me permettait en effet de jouer, comme s’il s’agissait d’un mécano, avec les lettres de son VELO. Et c’est pourquoi, sur tous les tableaux du Cycle, il faut imaginer mon facteur juché sur un VELO toujours en passe (en passe et manque)  de se retourner en LOVE. .

6) J’ai usé du mot phénomène pour introduire mon propos. Afin de poursuivre, j’utiliserai maintenant un terme voisin, celui de phénoménologie. S’il est vrai que la phénoménologie ne rompt avec la métaphysique que dans la mesure où elle renonce à décrire les phénomènes comme des objets pour les reconnaître dans leur pure donation, l’entreprise dite du Cycle de Cheval à vélo opère une réduction qui n’est pas, me semble-t-il, sans relever d’une attitude phénoménologique. Les opérations qui président à la mise en œuvre du Cycle n’y sont-elles pas réduites à la seule procédure que voici: qu’est-ce que cela donne formellement quand des productions picturales ne découlent plus que de cette unique forme de donation : passer de VELO à LOVE ?

7) Par voie de conséquence, sous couleurs de tableaux, de quoi est-il question dans Le Cycle de Cheval à Vélo ?   . De lettres et de rien d’autre. De lettres qu’un facteur s’en va distribuer ; d’un facteur qui n’accède au rang de l’être que par le biais des lettres. Autrement dit, d’une série de missives qu’un farceur de peintre s’est amusé à transformer en autant de tableaux. Quelle sorte de missives ? Des lettres d’amour. Des lettres qui portent sur l’amour, qui colportent sous une forme énigmatique ce qu’il en est de l’énigme qui gît au cœur de l’amour.

8) En vérité, au fil des expositions, le Cycle ne s’est appliqué qu’à poser cette question :  du Facteur ou du vélo, lequel impose à l’autre sa volonté? Quand Cheval appuie sur les pédales, sans doute croit-t-il gouverner son bicycle. Mais si c’est bien lui qui se décarcasse, n’est-ce pas Eros (alias LOVE incognito) qui, par VELO interposé, fait la loi ? N’est-ce point le désir qui accomplit, de facto, la tournée du facteur? L’ambition du Cycle serait de mettre cette question-là dans tous ses états et dans le plus vif des éclats, l’éclat des couleurs.

9) L’accession du Cycle au rang du visible demeure donc indissolublement liée à l'aléa de quatre lettres .    Nous verrons plus loin en quoi fut pour moi décisive l’importance de ce coup de dès, de ce coup de deux, soit de deux mots en quatre lettres ; d’un coup de dés susceptible de convertir datum en fatum pour changer une vie en destin. Nous verrons pourquoi ce qui me décida à entrer avec armes et bagages dans le voyage du Cycle (avec armes de langage et bagages de désirs), ce fut la bonne fortune d’un coup strictement dû au hasard.

10) Surgi d’un retournement de mots, issu de la mutation de LOVE en VELO, mon Facteur, tout bien considéré, ne campe qu’une figure de pédaleur mobilisé (ou immobilisé) dans une seule posture, la position dite à cheval   . Toujours à cheval sur lisible et visible, à cheval sur français et anglais, à cheval sur conscient et inconscient, à cheval sur dessin et peinture, à cheval sur graphisme et picturalité.               Mais voici son trait le plus dérangeant: à cheval sur humanité et animalité. Est-il vraiment besoin d’ajouter que l’animalité n’est, dans son cas, qu’une métaphore pour la profondeur de l’homme ? N’est-il pas également superflu de souligner à quel point le hasard d’une autre contingence, celle du nom de Cheval, inespéré patronyme où animal et anima s’entremêlent et s’entrechoquent, a contribué à fixer mon choix sur ce Facteur?

11) Avant d’en revenir aux questions que mon préambule a laissées en suspens, passons en revue quelques-uns des thèmes du Cycle. On ne sera pas étonné de constater que l’une des activités favorites de mon facteur est le voyeurisme.   . Voyeurisme hard sur cette œuvre où Cheval contemple un couple en train de faire l’amour.           Voyeurisme moins hard en cette autre où le facteur gambade au milieu de gambettes féminines.     Voyeurisme soft en celle-ci où Cheval se fait funambule. Sa position sous le fil ne lui permet-elle pas, en effet, d’entrevoir les dessous          des femmes qui s’avancent sur le fil ? On notera que, dans ce tableau, notre imprudent et impudent « bi-cloune » semble avoir perdu la tête. Je m’expliquerai tout à l’heure sur cette perte capitale, sur ce qu’il en est de la figuration d’un cycliste toujours représenté avec une tête en plus ou en moins.

12) On ne sera pas surpris, non plus, d’apprendre que nombre des œuvres du Cycle sont issues de métaphores verbales. Qu’advient-il dans le visible lorsque l’on prend au pied de la lettre une expression telle que « tomber amoureux »?    Cela peut nous valoir ce tableau où les aventures de Cheval à vélo croisent celles d’Alice au pays des merveilles. Une jouvencelle        trop grande ou trop petite  (comme c’est le cas d’Alice chez Lewis Carroll), une jouvencelle s’y surprend, avec effarement,   en train de choir sur notre Facteur  , en passe de tomber         à la fois sur lui et amoureuse de lui.  Autre exemple qui consiste, lui, à prendre au pied de la lettre l’expression « ligne d’horizon ».      Un timbre, des chameaux,   quelques palmiers, trois cyclistes.      Avec ce titre : « Comment pédaler en marche arrière sur la ligne de l’horizon ». Et ce sous-titre : « Fragment des collections de Lignes d’horizon du Facteur Cheval ». Assis sur le guidon, les cyclistes font ici face à la selle. Qu’ils avancent ou qu’ils reculent, ils progressent donc toujours en marche arrière.

13) Que retenir de ce Cycle sinon que, tel un facétieux funambule, Cheval à Vélo y pédale en permanence sur un fil? Lequel? Celui d’une métaphore qui serait filée entre texte et image ; filée, c’est-à-dire faufilée aussi bien que filée en porte-à-faux. J’hésite à dire que le Cycle met alors, littéralement, son spectateur au pied du mur. Lequel ? Celui d’un nouveau Palais Idéal qui serait, en dépit des apparences, fondamentalement langagier. J’hésite à dire que, pour ériger ce palais-là, bâtisse de mots, d’épîtres et de langage, le Cycle incite son spectateur à œuvrer moins en bâtisseur qu’en archéologue. Il l’invite à plonger dans les méandres de deux langues étrangères l’une à l’autre pour tenter d'y cerner ce qui s’y met en abyme, à savoir ce nœud secret où le mystère qui entoure nos origines se lierait à celui des origines du langage. Homo spectator, homo sapiens, homo ludens, homo loquens: pour le facteur qui s’acharne à construire son Cycle, pour le spectateur que ce Cycle s’évertue à instruire, ces quatre termes ne feraient-il qu’Un?

14) La réponse est oui et non. Car, dans le monde qu’édifie Le Cycle de Cheval à Vélo, rien ne ramène au Un mais tout mène au Deux; ou plutôt tout découle du Deux.    Pas de Un, ici, fût-il déguisé en Quatre, distribué, comme je viens de m’amuser à le faire en causant un brin latin, dans les rôles du spectateur, du savant, du joueur ou du parleur. Jamais de primauté du Un mais toujours la priorité accordée au Deux.     Prendre appui sur un mot pour tâcher d'y entrevoir un autre mot, pédaler sur VELO pour y susciter l’apparition de LOVE, n’est-ce pas promouvoir le Deux au détriment du Un? Mais qu’est-ce que le monde, fût-il celui que met en œuvre le Cycle, qu’est-ce que ce monde-là, pour imaginaire qu’il soit, quand on ne l’expérimente que du point de vue du Deux, qu’on ne l’envisage plus qu’à partir de la différence et non de l’identité? Qu’est-ce qu’un monde ainsi donné à voir sinon le monde tel que le verrait le regard d’un homme amoureux? Or, sollicité comme il l’est par l’imminent débordement du mot VELO, le regard du spectateur n’est-il pas d’autant plus enclin à adopter cette amoureuse perspective que le mot chargé de supplanter l’ordinaire du français VELO n’est autre que l’extraordinaire du LOVE anglais?

15)  Sans doute est-ce pour faire place à pareille visée que Le Cycle de Cheval à vélo s’applique à ne chorégraphier que ce pas de Deux où VELO cherche à se transposer en LOVE. Si le Cycle traite du déploiement d’un monde, ce n’est donc guère au travers de l’inflation d’un ego, fût-il un ego d’emprunt. Point d’« ego-fiction » dans l’entreprise, et c’est la raison pour laquelle mes cyclistes le plus souvent n’ont pas de tête. Pas de fiction d’ego mais une « vélo-fiction » où ce qui s’agence n’est autre que le prisme de la différence puisque, faut-il le répéter, le monde pictural qui remplit le regard ne vient au visible que par le biais du coup de pédale qui s'efforce de retourner VELO en LOVE.

16) Ne se pourrait-il que, par son obstination à construire le théâtre du Deux, Le Cycle de Cheval à vélo participe à une autre construction qui ne serait pas, celle-là, sans nous impliquer au plus secret de notre intimité? Dans « Eloge de l’amour », le philosophe Alain Badiou soutient que l’amour est une construction de vérité.(2) Construction singulière, remarque-t-il, en raison de ses fondations. Si elle revient à expérimenter le monde autrement que par une conscience solitaire (soit, comme dans le Cycle, à adopter l’angle de vue du Deux), voilà qui ne se peut, note Badiou, qu’à partir d’une double condition: le flash d’une rencontre amoureuse, pour l’une, le caractère absolument contingent d'une telle rencontre, pour l’autre. Cependant, si c'est bien le hasard qui préside à ce type d’événement, ce hasard, insiste-t-il, se doit d’être fixé. C’est ce à quoi s’emploient les gestes immémoriaux de l’étreinte amoureuse et de la déclaration d’amour.

17)   Reprenons mon premier exemple. Si toute ligne n’est que l’étirement d’un point, les lignes qui vont de la selle au guidon ou d’une roue à l’autre ne se présentent-elles pas aussi comme l’étirement du point existentiel qui se resserre autour de l’événement d’une rencontre amoureuse digne de ce nom ? Encore y faut-il ce saut capable de nous faire voir l’analogue d’un point existentiel dans un point figuré sur un tableau. Or ce saut métaphorique n’est-il pas rendu possible par le pas langagier que le Cycle nous presse d'effectuer ?

18) Déployons les conséquences d'un tel saut. Si l’étirement selle-guidon ouvre la scène du Deux, ce qui se jouerait sur cette scène ne serait autre que la convocation de l’expérience toujours ponctuelle de l’amour à seule fin de réitérer ce dernier, donc de le réinventer, au sens où Rimbaud écrivait que « l’amour est à réinventer ». Que le punctum de nos rencontres s'étire en une ligne qui se coule dans une courbe de femme, tel serait le but du Cycle. Tel également serait son dessein : que s’épousent pour se fixer durablement ces deux instances du hasard, le flash d’une rencontre amoureuse, d’une part, l’éclair qui change VELO en LOVE, d’autre part. Ce que Le Cycle mettrait en œuvre ne serait plus qu’une déclaration d’amour déguisée en une déclaration de lignes et de couleurs, une déclaration qui se trouverait déplacée du langage à l’image. Pédaler de concert avec le Facteur reviendrait à dire: « j’accepte la contingence de mes rencontres amoureuses. J’accepte le hasard qui troque VELO pour LOVE. J’accepte la mise en réseau de ces deux mots. Ces deux avatars du hasard, je les désire et je les déclare».

19) Lorsque Badiou nous dit que le hasard d’une rencontre amoureuse se doit d'être fixé pour convertir ce hasard en nécessité, il ne fait guère, au fond, que faire écho à ce que préconisait Mallarmé à propos du poème. Or ce sont les propos de Mallarmé, que Badiou se plaît d’ailleurs à citer, qui m’ont jadis guidé pour peindre le Cycle. Il me reste, en effet, à vous dire comment les couleurs de mes tableaux tiennent du hasard fixé. Qu'était-ce pour Mallarmé que le poème? « Le hasard vaincu mot à mot ». (3) Pas de plus bel exemple du hasard ainsi fixé que son Coup de dès. (4) Toute prétention mise à part, c’est à son instar que, pour tenter de fixer le hasard, j’ai un jour choisi de peindre avec un fer à repasser.

20) Prenons l’exemple du chapeau qui coiffe la jeune femme sur ce tableau. Au moyen d'un pastel gras, je le dessine, ce chapeau, sur la semelle d’un fer à repasser bien chaud. Sous l’effet de la chaleur, le pastel fond, les couleurs se mêlent. Tandis qu’elles grésillent, je me hâte de presser mon fer sur le papier. L’image du chapeau n’est alors rendue visible que par l’impression des pigments broyés par la semelle du fer. Ainsi est-elle forgée, d’une part, en faisant confiance au hasard, d’autre part, en fixant ce dernier par la pression du fer à repasser. Peinte à l’aveugle, cette image ne se produit qu’au plus profond de la nuit, dans les ténèbres du regard, dans celles de l’esprit. Ainsi le mode de production du visible prend-il ici modèle à la fois sur l’activité érotique, nocturne le plus souvent, et sur l’activité langagière qui transforme clandestinement VELO en LOVE.

21 ) Elargissons notre champ de vision. L’ensemble du tableau se présente comme un apologue qui me servira de conclusion.  Ce que nous voyons n’est qu’un duo entre Miss a,b,c, la demoiselle au chapeau, et Cheval à vélo. Une demoiselle mélancolique et dubitative : ce cycliste sera-t-il jamais capable de la rejoindre ?         Car voici le titre du tableau : A ladder you can(not) climb. Traduit au plus près de son ambivalence, cela donnerait : Une échelle que vous (ne) pouvez (pas) escalader. Au cycliste et au spectateur de trancher : grimper ou ne pas grimper à l’échelle sur laquelle, barreau après barreau, LOVE alterne avec VELO.  Mais opter pour LOVE plutôt que pour VELO, ne serait-ce pas voir que le chapeau lui aussi ne dresse qu’une échelle ?  A gravir ses degrés de couleurs, ne pourrait-on taquiner les sommets et flirter avec les limites du monde, à tout le moins les limites d’une feuille de papier? « L’amour est à réinventer, on le sait », écrivait Rimbaud. (5)  Miss a,b,c, y souscrirait volontiers à ce détail près : « L’amour est à réinventer ? Chiche ! D’un tour de vélo, on le fait ! ».

22) Il ne me reste plus qu’à signer ma communication.    Cette signature, mon alter ego à vélo va, comme il se doit, la porter en peinture. Et c’est lui qui vous remercie.

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Notes :

  1. Pour le détail des expositions et les enjeux du Cycle de Cheval à vélo, on peut consulter le site : www.lancri.com

  2. Alain Badiou avec Nicolas Truong, Eloge de l’amour, Paris, Flammarion, collection « Café Voltaire », 2009. 

  3. Stéphane Mallarmé : « […] éliminer le hasard […] vaincu mot à mot », in Œuvres complètes, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1965, p. 530.

  4. Stéphane Mallarmé, Un coup de dès jamais n’abolira le hasard (1897).

  5. Arthur Rimbaud, Délires I, Une saison en enfer, in Œuvres complètes, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1972, p. 103.